Le coût de la vie humaine au Maroc

Mardi, 17 juin 2008, 22:52 | Categorie : Droit pénal
Tags : ,

Un immeuble s’effondre, 18 morts et 25 blessés : 3 ans d’emprisonnement et 1 000 dh d’amende pour le promoteur immobilier, 2 ans et 1 000 dh pour le chef d’un bureau d’études et 1 an et demi et 1 000 dh pour le chef de chantier. L’architecte, un technicien du bureau d’études et d’autres intervenants ont écopé d’un an d’emprisonnement et de 1 000 dh d’amende.

On peut donc déjà anticiper la peine qui sera prononcée contre le responsable du grave incendie de l’usine des matelas à casa qui a entraîné le décès de 55 personnes. Ces ouvriers qui travaillaient un samedi dans l’illégalité totale, ont péri, laissant familles et enfants dans le désarroi total.

Aïcha bakhadir, la miraculée de l’incident a perdu non moins de trois membres de sa famille dans cet incident. Elle raconte que l’un des salariés de l’entreprise avait entendu un sifflement étrange, environ une heure avant le déclenchement des flammes. Face à l’insouciance totale, il a repris son travail. Au déclenchement de l’incendie, la réaction de l’employeur a été assez distinguée. Il a donné ordre de sauver le matériel à ses employés, qui n’arrivaient même pas à sauver leurs propres vies. Ces derniers ont péri en exécuter cet ordre.

On s’étonne de savoir que ces personnes ne soient pas arrivées à sortir du local ! L’astuce est pourtant simple : Tout était fermé ! La seule sortie de l’usine était fermée et des grillages protégeaient les fenêtres des malfaiteurs. Qui sont-ils ? Ces mêmes pauvres gens, qui travaillaient à beaucoup moins du SMIG et que l’employeur accusait de voler du matériel de l’usine. Pour y remédier, l’astuce consistait à les faire entrer le matin, les enfermer, puis rouvrir pour contrôler les sorties. De cette manière là, ceux qui auraient voulu soustraire un bout de mousse pour dormir dessus le soir, faute d’argent pour acheter un matelas comme ceux que vend leur employeur. Il s’est agi également pour cet honnête homme de mettre fin aux voleurs qui le priveraient de ses matières premières pour aller les vendre ailleurs et faire atteindre le seuil du SMIG qui représente pour certains le double de leur salaire.

L’affaire est en cours, mais je suggère une chose, pourquoi pas un pari sur le sort de ce malheureux employeur qui a perdu son usine et les employés qu’il chérissait tant ?

Tags: ,

Articles relatifs :

Laisser un commentaire